Arab WoorldArab Woorld  الرئيسيةالرئيسية  اليوميةاليومية  س .و .جس .و .ج  بحـثبحـث  قائمة الاعضاءقائمة الاعضاء  المجموعاتالمجموعات  التسجيلالتسجيل  دخولدخول  




الجمعة 05 أبريل 2013, 17:30
Moncef Marzouki - Interview avec Le Parisien
معلومات العضو
الكاتب:
اللقب:
الادارة العليا
الرتبه:
الادارة العليا
الصورة الرمزية


البيانات
المتصفح : Google Chrome
الإقامة : Republic of Tunisia
عدد المساهمات : 25362
نقاط : 103330827
تقييم : 7839
تاريخ الميلاد : 14/01/1990
تاريخ التسجيل : 11/02/2012
العمر : 26

الإتصالات
الحالة:
وسائل الإتصال:
معاينة صفحة البيانات الشخصي للعضو http://www.arabwoorld.com
إعلانات


bsmlah



Moncef Marzouki - Interview avec Le Parisien




MoncefMarzouki, président tunisien

« LaFrance doit soutenir la Tunisie »

Depuisla révolution de 2011, ce centriste laïc et francophile a appris à composeravec le parti islamiste Ennahdha.

AuxFrançais, il demande de « faire preuve d’empathie ».

Propos recueillis par OlivierPiot Photos Michel Labelle
Envoyés spéciaux en Tunisie

C’est dans l’aile principale du palaisprésidentiel de Carthage, près de Tunis, que Moncef Marzouki nous a reçus. Plusprécisément, le président tunisien, 68 ans, a choisi symboliquement l’ancienbureau de Ben Ali, son prédécesseur, transformé par ses services en simplesalon, pour répondre à nos questions. Un geste important pour cet ancienmédecin, opposant de la première heure du régime de Ben Ali, dont il a connules prisons.

Promu fin 2011 à la plus haute fonction de l’Etat après des annéesd’exil en France, ce démocrate centriste, résolument laïc, a décidé de composeravec les islamistes d’Ennahda, vainqueurs des élections d’octobre 2011.

Maisdepuis seize mois, cette coalition gouvernementale est ébranlée par la criseéconomique et les soubresauts politiques qui bousculent la transitiondémocratique en Tunisie.

Une expérience inédite dans le monde arabe surlaquelle Moncef Marzouki accepte de revenir à l’occasion de la sortie de sonlivre, L’Invention d’une démocratie.

Vousêtes connu comme un militant des droits de l'homme et un homme de gauche.Pourquoi avoir accepté de former une alliance de gouvernement avec lesislamistes du parti Ennhadha ?

Cechoix ne date pas des élections d'octobre 2011. C'est l'aboutissement d'un trèslong processus qui remonte aux années 1980.

J'étais alors à la Ligue tunisiennedes droits de l'homme où coexistaient des communistes, des islamistes, dessociaux démocrates, des nationalistes. En tant que président de cette Ligue,j'ai dû faire fonctionner ensemble tous ces groupes aux idéologies, certes,très différentes, mais qui avaient en commun la défense des droits de l'homme.Puis la répression de Ben Ali a frappé les islamistes avant de s'attaquer auxdémocrates. La prison et la torture nous ont rapprochés.

Jusqu'à cette fameuseréunion d'Aix-en-Provence, en 2003, où un consensus historique est né :les islamistes d'Ennhadha ont renoncé à la création d'un Etat religieux enTunisie et se sont engagés à défendre les libertés et l'égalité homme-femme. Denotre côté, nous, les laïcs de gauche, nous nous sommes engagés à respecterl'identité arabo-musulmane du pays.

Vousvous étiez donc rapproché des Islamistes d'Ennhadha avant même la révolution dejanvier 2011 ?

Oui.Quand la révolution a chassé Ben Ali, mon parti, le Congrès pour la République(CPR) a formé, avec les islamistes, une sorte de pôle centriste d'où se sontexclus ceux qui considéraient Ennhadha comme le diable.

Puis le peuple tunisiena voté.

Arrivés en tête, les islamistes d'Ennhada n'avaient que 89 sièges surles 217 élus de l'Assemblée nationale constituante (ANC).

Ils ne pouvaient doncpas gouverner seuls. Et nous, les centristes laïcs, nous étions trop faibles.Que fait-on dans un pareil cas ? Moi, le laïc modéré, quel choix desociété devais-je faire ?

En Tunisie, il existe deux grandesfamilles : les modernistes et les traditionnalistes. Alors de deux chosesl'une, soit ces familles s'opposent et nous allons à la fracture et au chaos,soit nous trouvons une solution médiane. C'est cette voie que j'ai choisie.

Vuede France et d'Europe, celle alliance avec les islamistes est parfois perçuecomme une compromission...

LesEuropéens en général, et les Français en particulier, ne comprennent pas quel'islamiste est un phénomène composite et dynamique.

Il n'y a pas un, mais desislamismes. Quand j'entends, sur certaines chaînes de télévision françaises,parler du gouvernement « islamiste » en Tunisie et du danger« islamiste » au Mali, en utilisant le même adjectif, je saute auplafond ! C'est comme si, à propos des années 1970, on parlait descommunistes français de Georges Marchais et des communistes de Pol Pot, ledirigeant cambodgien, en les mettant dans le même sac.

Il y a un univers entreles deux

. De la même façon, il y a un univers mental et politique entre leparti islamiste Ennhadha et les djihadistes du Mali. En faisant l'amalgame, lapresse française brouille les cartes. Et lorsque Manuel Valls Emmanuel parle dela montée du « fascisme islamiste » en parlant notamment de laTunisie, il fait lui aussi preuve de simplification.

Ilexiste pourtant bien en Tunisie un courant d'islamistes radicaux qu'on désignesous le terme de salafisme...

Dansles années 1970, le dirigeant d'Ennhadha, Rached Ghannouchi, était lui-même unsalafiste.

Il a changé depuis, comme de très nombreux islamistes.

Aujourd'hui,en Tunisie, on peut être islamiste et démocrate.

Car ce n'est pas Ennhada quinous a islamisés ; c'est nous qui les avons démocratisés. Quant auxsalafistes, certains sont simplement des conservateurs dans leur façon de vivrela religion, alors que d'autres forment une fraction armée, violente,djihadiste. C'est cette partie qui est nocive pour la démocratie.

Vousdites pourtant dans votre livre que ces salafistes violents « nereprésentent pas un danger majeur » pour la Tunisie. Mais avec la criseéconomique, ne craignez-vous pas de sous-estimer leur influence ?

D'aprèsmes renseignements, ces salafistes représentent aujourd'hui environ 3000individus dans le pays.

Or, nous avons une police et une armée républicaine,des classes moyennes importantes, un pays qui aspire à la tranquillité, etc.

Dans ce contexte, ces salafistes ne sont pas une menace pour l'Etat. Parcontre, ils représentent un danger pour l'image de la Tunisie et nuisentgravement au tourisme.

Seizemois après les élections de 2011, la Tunisie attend toujours sa Constitution et son nouveau code électoral.N'est-ce pas un échec du pouvoir ?

Sivous lisez l'histoire des expériences de transition démocratique, vousconstaterez que l'expérience tunisienne est assez exemplaire par sa rapidité etson caractère pacifique. Regardez le Portugal : après la chute dudictateur Salazar, en 1974, il a fallu huit ans pour restaurer la démocratie.Demander à la Tunisie de tout boucler en un temps record n'a pas de sens.

D'autant qu'avec nos prochaines élections prévues entre octobre et décembre2013, nous sommes en train de réaliser cette transition en deux ans !

Depuisla victoire des islamistes en 2011, il y a une sorte de défiance de la France àl'égard de la Tunisie. Comment l'expliquez-vous ?

Ladéfiance a existé essentiellement avec le gouvernement Sarkozy. Je n'ai pasvoulu me rendre en France en visite officielle à cette époque car nous avionsdu mal, en Tunisie, à accepter les relations entre Ben Ali et la droitefrançaise (le fait le plus marquent étant l’aide policière française queMichèle Alliot-Marie, alors ministre des Affaires étrangères, avait proposé àla Tunisie juste avant la fuite de Ben Ali, en janvier 2011, NDLR).

L'arrivéedes socialistes au pouvoir a été quelque chose d'extrêmement rassurant. J'ai vuFrançois Hollande à quatre reprises depuis.

Le courant passe. Même si je croisque la gauche française a toujours du mal à comprendre le monde arabe etl'islamisme. A cet égard, ce qui m'inquiète le plus, ce sont les nouvellesgénérations en Tunisie.

Lorsqu'ils sont traditionnalistes, nos jeunes regardentdu côté du Qatar ou de la Turquie et quand ils sont modernistes, ils regardentdu côté des Etats-Unis. La France n'existe plus pour eux. Et pour moi qui suisfrancophone et francophile, ce n'est pas une bonne chose.

Qu'attendez-vousaujourd'hui de la France ?

LaTunisie a besoin de son soutien.

Il est vraiment temps que les dirigeantsfrançais fassent preuve d'empathie à l'égard de la révolution tunisienne.

Surle plan économique, l'Allemagne a accepté de convertir 60 millions d'euros dela dette tunisienne en projets de développement.

Notre dette à l'égard de la Frances'élève à 15 milliards d’euros. J'espère vraiment que la France va suivrel'exemple allemand.

Dansvotre livre vous précisez qu' « il ne faut pas confondre modernité etoccidentalisation ». Que voulez-vous dire ?

Pourcertains, on ne peut être moderne qu'en étant le clone d'un Français ou d'unAméricain.

Ma conviction est qu'on peut être parfaitement moderne, accepter ladémocratie, les libertés, les droits de la femme… tout en assumant son identitéarabo-musulmane.

Serez-vouscandidat à la prochaine élection présidentielle ?

Cettedécision, je ne la prendrai qu’à l’approche des élections. Depuis des mois, jetravaille énormément en me disant que si je dois quitter cette fonction, jeveux pouvoir me regarder dans la glace et être sûr d'avoir fait le maximum pourdéfendre des idées et de valeurs. Et si je dois me présenter, je veux pouvoirdire aux Tunisiens ce que j'ai fait et pourquoi je suis candidat.




المصدر: Arab Woorld


الــرد الســـريـع

مواضيع ذات صلة



القسم العام :: 

المنتدى العام

Loading...